Observation de la lumière diffusée par le micromamelonnage visible à la surface d'un miroir astronomique (polissage industriel réalisé à Taiwan). Comparaison photographique entre strioscopie et contraste de phase.

L'optique testée est un miroir parabolique aluminé (tout neuf) de 304 mm de diamètre en BK7, épaisseur 38 mm au bord, de longueur focale 1508 mm, équipant un télescope Dobson du commerce.


Analysé au test de Foucault, ce miroir présente une forme parabolique régulière et un bon lambda. En ce qui concerne l'état de surface, la surface montre de nombreuses traces de l'outil ayant servi au polissage.


Ci-dessus, cliquez pour agrandir les images faites au test de Foucault

Ci-dessus, les mêmes images avec une netteté accentuée. Cette image traitée montre bien le micromamelonnage que l'on observe au contraste de phase (photos ci-dessous)

Ci-dessus, comparaison entre l'aspect au Foucault et au contraste de phase.
Cliquez pour agrandir et faire "clignoter" en faisant successivement entrer et sortir la souris  de l'image
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Au contraste de phase, la rugosité du miroir est bien visible. La couronne extérieure présente une rugosité plus importante que la partie centrale.

Enfin, en otant la fente et en éclairant le miroir directement à l'aide de la fibre optique (diamètre 4 mm et source 150 W), on place l'appareil photo juste à côté de l'image lumineuse réflechie par le miroir. On observe alors la diffusion de la lumière par la surface. Attention le miroir est aluminé et le reflet est intense, il faut veiller à ne pas mettre l'oeil dans le faisceau car il est éblouissant et cela pourrait être dangereux pour les yeux !

Ci-dessous, voici trois images réalisées en plaçant l'appareil photo dans des positions différentes par rapport à l'axe optique du miroir. Toute la diffusion n'apparaît pas car l'appareil photo est placé à 2 cm de l'axe optique, d'un seul côté du reflet. Pour reconstituer toute la surface, il faudrait réaliser de nombreux clichés en plaçant l'appareil photo tout autour de l'axe optique. Mais même incomplète, cette cartographie de la diffusion montre deux choses :

  1. La diffusion lumineuse est plus importante en périphérie qu'au centre du miroir. L'observation de ce même miroir au contraste de phase a montré que le centre était plus doux et la couronne périphérique plus rugueuse.
  2. Des filaments sont perceptibles à la surface du miroir. Ils changent d'aspect en fonction de la position de l'appareil photo autour de l'axe optique. Cependant, si l'on compare chaque cliché avec l'image du contraste de phase, les filaments correspondent à des défauts réels du miroir.

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Ci-dessous, vous pouvez comparer chaque cliché individuellement avec l'image au contraste de phase. Pour faire clignoter, bougez la souris près du borde l'image et vous verrez se superposer les défauts




En ce qui concerne l'intensité lumineuse des structures visibles à la surface du miroir, la source a d'abord été photographiée de face (appareil photo dans l'axe optique, capteur ébloui et temps de pose automatique) au 1/2000 s à F/10,3 (image de gauche ci-dessous). L'image du milieu montre la diffusion lumineuse à côté du reflet éblouissant et a été posée 1/8 s à F/5,1.
Le rapport des temps de pose est 2000/8 = 250
Le rapport des ouvertures est (10,3 / 5,1 ) au carré =

Le rapport total est 250 x 4 = 1000
Cette valeur indique-t-elle l'ordre de grandeur de la diffusion lumineuse par le miroir ?
Sachant que l'appareil photo était placé à 2 cm de l'axe optique, il est fort probable que cette diffusion augmente lorsqu'on s'en rapproche.

D'autres manips seront réalisées en améliorant le montage, notamment pour diminuer la lumière parasite qui entre dans l'appareil photo lors des longs temps de pose

Conclusion ?

Quelle est la contribution de cette diffusion lumineuse dans les images à l'oculaire ? Peut-on calculer l'intensité du fond de ciel dans un instrument qui diffuse 1/1000 de la lumière qu'il reçoit ?

Beaucoup de questions auxquelles il faudra répondre... Mais une chose est sure : le micromamelonnage, lorsqu'il est important, diffuse une quantité non négligeable de lumière hors de l'axe optique. Cette diffusion peut être observée avec des moyens faciles à mettre en oeuvre (source lumineuse intense placée au centre de courbure) ne nécessitéant aucun appareillage optique.

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